Voyage aux sources du patriotisme et du nationalisme ivoirien
Ivorian.Net-6/2/2010
I - Introduction
Entre les années 1960 et 1980, les ivoiriens, observaient médusés et parfois même admiratifs de la phraséologie révolutionnaire de leur voisins guinéens, maliens, burkinabés ou ghanéens. Il y avait un élan nationaliste et patriotique affiché par les moyens de propagandes que sont les radios d’Etat comme radio Conakry, la voix de la révolution.
C’était les lieux appropriés où l’impérialisme international et le néocolonialisme français et leurs pantins locaux, étaient brocardés à longueur de journées, sans compter les discours fleuve, dans les stades et autres palais construits à la gloire du peuple en marche.
Les ivoiriens dans la sous région étaient perçus par leur voisins, comme un peuple sans conscience nationale, un peuple passif qui accepte tout avec docilité, bref la Côte d’ivoire était aux yeux de ses voisins, le pays où la France pouvait tout ce permettre. Les ivoiriens voulaient-ils réellement goûter à ce fruit parfois amer qu’est ce accouplement du patriotisme et du nationalisme intransigeant ? l’aveuglement des dirigeants politiques de la Français, Jacques Chirac et Dominique de Villepin en tête, va leur offrir cette belle occasion entre janvier 2003 et novembre 2004.
Car à la faveur de la crise ivoirienne, ce peuple qu’on disait passif, amorphe et apathique, est sorti de sa réserve, obligeant la France à évacuer huit mille de ses ressortissants dans une ville d’Abidjan devenue un enfer pour les français. Quels sont les sources de ce patriotisme qui a conduit les ivoiriens à un nationalisme à la fois identitaire et civique ? c’est le sens du voyage que nous vous proposons de faire avec nous, à travers ces lignes.
II - Du patriotisme parlons-en !
Le patriotisme est un sentiment partagé d’appartenance à un même pays, la patrie, sentiment qui en renforce l’unité sur la base des valeurs communes. Il conduit à ressentir de l’amour, de la fierté pour sa patrie. Le patriote est prêt à se dévouer ou à se battre pour défendre la patrie menacée.
Nous donnons ici deux exemples concrets pour illustrer notre pensée pour que tous nos frères et sœurs puissent nous comprendre : en mais 1940, l’armée française est pulvérisée et liquéfiée par la puissance de feux des troupes de la Wehrmacht allemande, les français se rendent compte qu’ils n’ont plus d’armée.
C’est la France humiliée et à plat ventre qui capitule devant l’Allemagne à travers les accords d’amnistie du 22 juin 1940, signé par le Maréchal de la capitulation, Philippe Pétain.
Le chef des patriotes français, celui qui rassemble tous les français qui ont encore le sens de l’honneur en ces heures sombres, c’est le général Charles de Gaulle. Il lance depuis Londres, un appel à la résistance, pour rejeter la capitulation et se battre aux côtés des alliés pour sauver l’existence de la nation menacée de disparition .
Tous les résistants français qui ont refusé le camp de la collaboration étaient des patriotes résistants, c’est leur fierté, leur orgueil d’appartenance à un pays et à des valeurs communes de liberté et de démocratie qui a sauvé la France de l’occupation nazi.
Quand nous entendons le président Jacques Chirac, le derniers des mohicans, nostalgiques de la coloniale dire que les patriotes Abidjanais sont des jeunes désoeuvrés et des écervelés, nous disons simplement que c’est parce qu’il ne voit toujours pas ce qui est sur son nez que la résistance ivoirienne a permis à Laurent Gbagbo, élut pour cinq ans d’habiter encore le palais présidentiel d’Abidjan d’octobre 2000 à 2010.
Le second exemple qui illustre mieux encore notre pensée est cette image des partisans antifascistes italiens, regroupés au sein du comité de libération national du 9 septembre 1943. il y a parmi eux des communistes, des libéraux, des catholiques et des monarchistes convaincus.
Ce sont eux qui face aux excès et aux dérives du mouvement fasciste italien de Benito Mussolini, allié du nazisme hitlérien, défendent la patrie menacée et se rendent maître les armes à la main de la débâcle allemande dans les localités de la plaine du Pô au printemps 1945.
Que serait devenu l’Italie, aujourd’hui membre de l’union Européenne, s’il n’y avait pas eu des patriotes italiens pour défendre la nation menacée par l’autocratie découlant de la barbarie et du fascisme mussolinien ? Ce genre de question, est nécessaire pour tous ceux qui veulent voir loin, en commençant par voir ce qui se trouve sur le bout de leur nez.
Dans le cas de la Côte d’Ivoire, il faut dire que c’est la ligne foncièrement anticolonialiste et surtout le fait que ce parti s’était pas constitué sur une base tribale. Ce sont ses deux facteurs qui ont permis à ce parti de conduire la lutte nationale pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
III - Et le nationalisme dans tout cela !
Nous faisons bien la différence entre le nationalisme libérateur et le nationalisme dominateur. Le premier, nationalisme est une doctrine et une action politique qui vise l’émancipation et l’indépendance d’une nation lorsqu’elle est placée sous une domination étrangère.
Le nationalisme peut aussi chercher à défendre une culture opprimée ou niée par un occupant ou dissous dans un ensemble plus vaste. Les nationalistes corses, les nationalistes du pays basque espagnol et les indépendantistes québécois, se reconnaissent dans cette définition.
La nationalisation du canal de Suez le 26 juillet 1956, par le président égyptien, Gamal Abdel Nasser, nous fait dire que le nationalisme peut-être aussi comme une démarche refuge pour venger la nation humiliée et méprisée, par des intérêts impérialistes.
Les ivoiriens sur ce plan, affirme clairement qu’il veulent la seconde indépendance de leur pays. Ils sont devenus profondément allergiques et pointilleux sur tout ce qui touche à la souveraineté de leur pays. Il s’agit d’un nationalisme né du ressentiment contre la France et la reconquête néocoloniale de la Côte d’Ivoire.
IV - Le nationalisme dominateur
Est une idéologie politique qui donne la primauté à la nation par rapport à toute autre considération dans les relations internationales. Il peut trouver son origine dans les peurs provoquées par des dangers extérieurs ou par un ennemi intérieur, xénophobie, antisémitisme etc.
Lorsqu’il découle d’une volonté de puissance, de grandeur et de domination, le nationalisme peut conduire à un expansionnisme agressif, impérialiste ou colonialiste, cherchant parfois des justifications dans l’histoire du pays. le nationalisme nous le savons tous a été à l’origine du fascisme italien et du national-socialisme allemand, c’est-à -dire le nazisme.
Ce genre de nationalisme, est capable de conduire aux pires extrémismes et surtout à des excès et à des désillusions pour le pays et le peuple. C’est pourquoi, dans les relations internationales, il est bon d’éviter de pousser les nations fragiles du tiers monde à recourir à cette dernière arme à double tranchants qui est en réalité un choix de désespoir.
V - Au commencement était l’unité nationale, qui fit le lit du parti unique
L’une des premières tâches qui incombaient Ă nos pays africains après la proclamation de nos indĂ©pendances, Ă©tait de crĂ©er l’Etat et de le conduire Ă la nation. C’est-Ă -dire dans le cas de la CĂ´te d’Ivoire, Comment faire pour que le lobi de Bouna se sent proche du Kroumen de Tabou, comment faire pour qu’un Ă©briĂ© d’AdjamĂ© se reconnaisse dans un sĂ©noufo de Korhogo et vis versa.
Nous nous sommes rendu compte à la faveur de cette crise ivoirienne, que l’ensemble de ces populations ont vécus plusieurs décennies sous l’occupation coloniale et cinquante ans dans un pays indépendant en s’ignorant mutuellement.
Observez simplement comment l’Attié qui était instituteur à Tengrela, le Baoulé qui était infirmier à Odiénné ou la femme Bété qui était sage-femme à Boundiali, observez comment leurs biens ont été pillés, et comment ils ont été traités par leur voisins pendant cette guerre et vous conviendrez avec nous que l’unité nationale qu’on nous chantait, n’était rien d’autre qu’un slogan creux, vide de sens, sinon des balivernes pour épater la galerie.
Il fallait prendre des dispositions pour unir et rapprocher les ivoiriens autour de leur patrie commune et d’un idéal commun d’appartenance à des valeurs communes, au même pays qui assure l’égalité de tous, par delà les ethnies, les régions et les religions. Au lieu de cela on a cultivé depuis là haut, le chacun pour soit, la région et l’ethnie comme refuge pour finalement conduire le pays à la catastrophe du 19 septembre 2002.
Et pourtant le peuple à fait des grands sacrifices d’amour propre pour jeter les bases de cette unité nationale. Nous voulons rappeler ici qu’un tel pacte national consensuel avait existé en Côte d’ivoire à la veille du gouvernement de la loi cadre de 1956.
Il résultait d’un dialogue national utile entre les partis politiques de l’époque. Ils avaient ensemble tirés les leçons des événements sanglants de 1949 à 1950. car plus que les divergences idéologiques, c’est le fondement tribal de certains partis politiques qui avait poussé les ivoiriens à tuer d’autres ivoiriens.
On ne le dit pas assez, mais c’est ce pacte national qui avait donné naissance au parti unique ivoirien, né de cette fusion par absorption des six partis politiques de la Côte d’Ivoire en 1956. Il s’agit du PDCI-RDA de Félix Houphouët-Boigny, du MSA - mouvement socialiste africain - de Dignan Bailly, du BDE - le bloc démocratique éburnéen - d’Etienne Djaument, Le PPCI - le parti progressiste de Côte d’Ivoire - de Maître Kouamé Binzème, UDICI -L’union des indépendants de Côte d’Ivoire - de Kacou Aoullou qui fusionna avec des ressortissants du nord pour donner naissance à l’ EDICI - l’entente des indépendants de Côte d’Ivoire que présidait Sékou Sanogo.
Le PDCI, ne le dit pas assez, et pourtant cela est tout à fait à son honneur, au congrès du RDA à Bamako les 18, 19, 20 et 21 octobre 1946, le député Houphouët-Boigny, avait insisté auprès des autres partis politiques de son pays pour qu’ils constituent une délégation commune avec le PDCI, le parti Progressiste de Côte d’Ivoire, le Parti de Maitre Kouamé Binzème, était représenté, Sékou Sanogo, le président de l’EDICI, en personne était présent dans la délégation ivoirienne à la constitutive du RDA à Bamako.
L’objectif poursuivit était l’unité nationale à travers un grand parti de masse, regroupant tous les partis politiques constitués avant l’indépendance de la Côte d’Ivoire dans le but de permettre à tous les enfants du pays d’aller ensemble à l’indépendance, afin de mettre toutes leurs énergies au service de la Côte d’Ivoire, et de la construction nationale.
Vaste programme plein de bon sens et de bonnes intentions. Nous constatons avec regret que le parti unique à encouragé le tribalisme, le népotisme et n’a pas réussi la construction de l’unité nationale. Il est liberticide. Mieux les Dignan Bailly, Gris Camille, Tidiane Dem, les Sékou
Sanogo, Issa Bamba, Kouamé Binzème, Kacou Aoullou et autres se sont retrouvés en prison à Yamoussoukro. Il ne s’agit pas ici d’un roman ou d’un film, mais d’une des sombres réalités de la vie politique ivoirienne qui nous fait douter des bienfaits du parti unique qui avait crée une oligarchie tribale de politiciens et d’affairistes profiteurs, qui n’avaient que l’argent facile et la délation comme maître et but de vie. Il a accentué les disparités régionales en créant des dualités dans le corps social de la Côte d’Ivoire.
L’un des problèmes majeurs de la Côte d’Ivoire, hier comme aujourd’hui, est celui de la répartition du pouvoir au sein de l’Etat. Il existe des disparités entre les populations privilégiées et les populations négligées, entre des populations rurales et les populations urbaines, entre les individus instruits et les illettrés, entre les riches et les pauvres, ainsi qu’entre de nombreux groupes de la société ivoirienne.
Certaines de ces disparités sont la résultante du mauvais usage qui a été fait de l’exercice du pouvoir politique de 1960 à ce jour. Mais les innovations récentes sont venues s’y ajouter ou les ont aggravées. L’un des éléments nouveaux a été l’excessive centralisation du pouvoir jointe à l’existence d’une bureaucratie, hautaine, médiocre et inefficace. C’est dans ce domaine que le futur gouvernement doit mettre de l’ordre dans la maison, avant de se lancer dans des projets pharaoniques de reconstruction post-conflit.
Jean - Baptiste Mockey et le nationalisme ivoirien
À la suite des évènements sanglants du 6 février 1949, 300 personnes furent emprisonnées à Grand-Bassam, commune situé aujourd’hui à 40 km d’Abidjan. Leurs noms méritent d’être connus. Albert Paraiso, Bernard Binlin Dadié, Ekra Vangah Mathieu, Jacob Williams, Jean-Baptiste Mockey, Lamad Camara, Philippe Vieyra et Réné Sery Koré. Une remarque s’impose ici, pour dire que de ces huit hommes, six sont décédés.
En effet il ne reste que Le ministre d’Etat, Ekra Mathieu, aujourd’hui Grand médiateur de la République et l’ancien ministre de la Culture, l’écrivain, Bernard Dadié, tous les autres anciens prisonniers du PDCI-RDA, sont aujourd’hui décédés. Nous constatons qu’aucun d’eux n’est mort riche, aucun d’eux n’avait organiser une fête dans son village pour célébrer l’argent qu’il avait sur son compte en banque.
C’est beaucoup plus leur humilité, leur foi dans l’espérance d’une Côte d’Ivoire libre, qui est le capital qu’ils ont laissé aux hommes et aux femmes de notre génération. Leur chef de fil était incontestablement Jean-Baptiste Mokey. Curieux destin pour ce pharmacien dont l’officine se trouvait dans le quartier populaire de Trechville.
C’est l’homme qui prononça, le 27 novembre 1948 devant le conseil général de Côte d’Ivoire, un réquisitoire cinglant, contre tous les colons qui voulaient se livrer à la spéculation foncière sur les rives de la Lagune Ebrié : << il nous faut garder cette terre et faire en sorte qu’il soit désormais impossible à toute personne ou à toute société venue de l’extérieur de se voir attribuer à tout jamais, d’importants domaines. J’insiste sur le mot définitivement. >>
L’orateur s’attaquait sans équivoque aux puissants intérêts coloniaux au nom de la majorité des nationaux. Incorruptible, il avait soutenu jusqu’à sa mort qu’il était un ami de la France, mais qu’il ne sera jamais un agent français.
Si on ajoute à ce discours l’importante déclaration de Jean-Baptiste Mockey devant les assises du tribunal de Grand Bassam, le 2 mars 1950.
On retrouve dans les faits un homme, qui n’a pas mangé au pain moisi de la combine mafieuse, l’indépendance nationale et la liberté d’exiger le meilleur pour son pays était le but sa vie. Incroyable retournement de situation et par une sorte d’ironie dont la grande hache de l’histoire a le secret, c’est dans la Côte d’Ivoire indépendante, que Jean-Baptiste Mockey, l’inspirateur du nationalisme ivoirien, sera prisonnier dans le bagne concentrationnaire de Yamoussoukro Assabou.
Une prison toute neuve construit par un chef d’Etat, dans son propre village pour y embastiller l’aile nationaliste de son propre parti, et cela dans le seul but de plaire aux intérêts français dans son propre pays. n’est ce pas notre frère Bernard Dadié qui disait : << elles sont lourdes, lourdes les chaînes que le nègre met au cou du nègre pour complaire aux maîtres du jour.>>
Pour bien comprendre la pensée de ce grand serviteur de l’Etat ivoirien qu’était Jean-Baptiste Mockey, il faut simplement se référer à ce document kafkaïen qu’est : ordonnance de transmission des pièces à Monsieur le commissaire du gouvernement auprès de la cour de sûreté de l’Etat.
Dans ce document les trois juges d’instruction auprès de la cour de sûreté de l’Etat : Varlet-Mensah Albert, Koffi Brou Pascal, Odié Logué et du greffier Koffi Kouadio Paul. Retiennent contre Jean-Baptiste Mockey,
<< le cerveau du complot >> de 1963 des charges ridicules, qui nous font froid dans le dos aujourd’hui encore.
A) - d’avoir critiqué la politique générale du président Houphouët-Boigny. de la dictature du chef de l’Etat au sein du parti, du gouvernement et de l’assemblée nationale, auxquelles il donne des directives, et dont les membres ne jouissent d’aucune liberté d’expression.
B) De l’inféodation de la Côte d’Ivoire à l’occident, créant dans les faits une prépondérance de l’ancienne puissance colonisatrice qu’est la France dans la vie économique, sociale et politique de notre pays.
C) Détention des postes clefs de l’administration par des européens.
D) Absence de traité avec les pays de l’est.
E) Installation, contraire à l’esprit d’indépendance, de bases militaires françaises en Côte d’Ivoire.
F) Absence d’une éducation politique de masse.
B) Au plan économique et financier :
a) régime préférentiel accordé à la France dans les achats commerciaux, d’où l’étouffement de la concurrence internationale.
b) Le bas prix de vente des produits agricoles, particulièrement café et cacao, en opposition à l’augmentation constantes des prix des marchandises manufacturées importées.
c) De la mainmise des européens sur le grand et le petit commerce
d) Du maintien du franc CFA, alors que la Côte d’Ivoire, pourrait créer sa propre monnaie.
e) Du pouvoir d’achat très bas des citoyens ivoiriens.
C) Sur le plan social,
a) offre insuffisante d’emploi d’où chômage.
b) Bas salaire des travailleurs dans les secteurs public et privé
c) Cherté des loyers et notamment des l’habitations dites
<< à bon marché>>
d) Train de vie extravagant de certains ministres et députés, excès de déplacements à l’étranger,
e) Non africanisation des cadres, alors que l’assistance technique est très coûteuse.
f) Hégémonie baoulé dans le parti, le gouvernement et les hautes fonctions de l’administration.
L’instruction avait révélé en son temps, selon les magistrats instructeurs de service, l’existence chez Jean-Baptiste Mockey, d’un complexe de frustration et d’un profond ressentiment envers le chef de l’Etat Mr Houphouët-Boigny. C’est sur cette base que la cour de sûreté de l’Etat de Côte d’Ivoire prononça les 6 condamnations à mort et des lourdes peines d’emprisonnement contre Jean-Baptiste Mockey et ses compagnons d’infortunes, le 09 avril 1964.
Nous citons là des extraits du document officiel de l’instruction, nous n’avons rien inventé, la douleur des innocents nous oblige à faire un inventaire de l’héritage politique de celui qui fut le premier président de la Côte d’Ivoire. Tous les témoignages concordent pour dire que dès le 14 janvier 1964 Houphouët lui-même dirigeait les interrogatoires des << comploteurs >>.
Avait-il oublié qu’ils étaient ces compagnons de lutte ? A ses yeux ils n’étaient pas seulement coupable d’avoir voulu l’assassiner pour prendre sa place. Ils étaient aussi, selon lui << des communistes à la solde de Moscou, des nationalistes manipulés par Kwamé Nkrumah et Sékou Touré >>.
Nous demandons Ă tous ceux qui veulent sanctifier ou canoniser FĂ©lix HouphouĂ«t-Boigny, sur la place saint Pierre Ă Rome, de se souvenir de la souffrance des innocents, en sachant Qu’HouphouĂ«t-Boigny, fut le grand vainqueur de cette Ă©preuve tragique quant Ă la CĂ´te d’Ivoire, elle hĂ©rita de lui, les germes de la tragĂ©die actuelle, c’est-Ă -dire l’absence d’une solide cohĂ©sion nationale, qui aurait pu ĂŞtre un anticorps efficace contre la crise actuelle.
Dans la réalité, ceux qui ont des yeux pour voir vous diront mieux que nous, que l’alliance des patriotes et des nationalistes ivoiriens exigent que la Côte d’ivoire ne soit plus à la remorque de la France, sortir de cette position humiliante de pays couché durablement à plat ventre devant les intérêts français, d’exiger l’évacuation rapide des bases militaires françaises sur le sol ivoirien, de sortir la Côte d’Ivoire du Franc CFA, perçu aujourd’hui comme le socle de la colonisation monétaire de leur pays.
- la fin du monopole des entreprises françaises dans les marchés publics et bien sûr le droit de la Côte d’Ivoire à l’heure de la mondialisation de trouver d’autres partenaires économiques et financiers pour son développement. Les nationalistes ivoiriens disent de façons très claire et cela en plein jour et non de nuit, que leur pays n’est pas une partie de la France, encore très moins une sous-préfecture Française, ou encore une chasse gardée de la république française.
- Il faut le rappeler encore une fois que les africains, préfèrent un mauvais gouvernement élut librement par eux-mêmes, qu’un bon gouvernement imposé par des intérêts étrangers. Dans la vie humaine, la dignité c’est simplement commencer par être soit même, rien de plus.
- C’est pourquoi l’idée d’un chef d’Etat à la tête de son pays pour préserver les intérêts mafieux d’une tiers puissance dans son propre pays, est pour nous les africains non seulement répugnant, mais aussi une traîtrise et une forfaiture sans nom, mais surtout la plus grande des humiliations qu’on puisse imposer à un peuple qui veut simplement construire son propre chemin dans la marche de histoire.
La femme ivoirienne et le patriotisme
Très souvent par ignorance ou par mépris si non par une paresse intellectuelle découlant de leur arrogance habituelle, certains savants européens, affirment sans sourciller que la femme en Afrique est moins que rien et n’a pas droit au chapitre dans la vie de nos communautés africaines où elle est marginalisée par des hommes et des peuples sans tradition démocratique.
Nous nous sommes toujours abstenus de participer à ce genre de débat, car face à la mauvaise foi est bien évidente, il est mieux de laisser la vérité s’étaler d’elle-même au grand jours, laissant ainsi nos contradicteurs dans les ténèbres de l’histoire. C’est ce qu’avait toujours souhaité notre maître le Professeur Joseph Ki –Zerbo, quand il disait : << Quand on ne sait pas ce qu’on cherche, on ne sait pas ce qu’on trouve >>.
La vie nous a donné des occasions d’observer avec pitié ceux qui se croient propriétaires de l’arrogance sur terre, et nous savons qu’elle ne mène nulle part. observez bien la France, quand elle était à plat ventre devant l’occupant nazi, elle n’avait plus d’armée, son propre gouvernement n’avait que la collaboration comme projet politique pour tout le pays.
Et bien elle s’était tournée vers l’Afrique, pour que nos hommes valides aillent porter secours à une nation à plat ventre pour l’aider à se relever. Aujourd’hui les français ont une sorte de honte de cette partie de leur propre histoire et du sort injuste et indigne qu’ils ont réservés aux anciens combattants africains, le mépris et l’arrogance sont de mauvais conseillers, tous ceux qui s’arrogent le droit de juger les autres doivent s’en souvenir.
Cette idée de la femme marginalisée en Afrique est tellement fausse et contraire à nos valeurs, que nous nous demandons souvent si nos contradicteurs qui se targuent d’être des spécialistes de l’Afrique savent de quoi ils parlent ?
La femme africaine est une actrice de l’aspiration naturelle de tous les êtres vivants y compris les animaux à la liberté et au droit. Par ailleurs, l’histoire des différentes régions de l’Afrique précoloniale montre ça et là des constructions et des systèmes étatiques d’inspiration démocratique à une période ou l’occident était dans les profondeur du moyen âge. L’empire du Mali entre le XIIè et le XVIè siècle fut dans ce sens un exemple de décentralisation politique et administrative.
Dans l’ouest de la Côte d’Ivoire dont-il est question ici les chefferies sont aujourd’hui encore électives et révocables. Les hommes y sont égaux notamment chez nos parents Bété, même si, les femmes sont quelque peu en retrait dans l’ordre de préséance. C’est l’inverse dans le Sud-est de la Côte d’Ivoire où la société est hiérarchisée et la femme reconnue apte à accéder au pouvoir.
Dans les monarchies du nord-Ouest qu’il s’agisse d’établir l’état du royaume ou prendre les grandes décisions d’orientation, les représentants de toutes les fractions de la société sont associés au conseil. Dans tous ces exemples, il est difficile de ne pas reconnaître des aspects démocratiques.
L’empire peulh du Macina était un exemple de démocratie direct. Dans la confédération ashanti que Kumasi dans le Ghana actuel, c’est un conseil de femmes qui désigne le roi des ashantis. La démocratie nous le disons ici à la suite de nos devanciers, revêt des aspects multiples. L’essentiel c’est son fondement ; la liberté et l’égalité de tous les citoyens en droit et en devoir.
C’est ici le lieu de rendre hommage à nos héroïnes qui ont assumés des responsabilités de direction dans la société africaine de nos pères, de la Reine Abla Pokou, des baoulés de Côte d’Ivoire, de la reine du Waalo, Ndete Yalla, au Sénégal, de la reine, Anne Zingah, en Angola, de la Reine malgache, Ranavalona III. Des femmes de Nder au Sénégal, sans oublier les amazones du Dahomey.
La femme africaine à laissé les traces indélébiles de sa participation aux combats pour une société libre dans le marbre de l’histoire. Nous reconnaissons qu’elle souffre aujourd’hui des pesanteurs liées à certaines de nos coutumes et pratiques qui nous tirent tous vers le bas telles que l’excision ou les mariages précoces, mais c’est aujourd’hui la responsabilité de l’Etat nation de combattre ces pratiques rétrogrades dans une démarche de psychologie et de pédagogie sociale pour que la femme africaine affronte la modernité avec dignité dans un ordre sociale ou la raison et le bon sens renforcent sa place dans la société et sa participation quotidienne à la marche de nos pays africains.
Dans cette crise ivoirienne, les femmes ivoiriennes ont connus de nombreuses souffrances, de la perte d’un mari, à la perte d’un enfant, des violes aux enlèvements en passant par le dénuement, l’abandon de tous leurs biens pour fouir des régions sous contrôlent de la rébellion.
Ce sont les femmes qui ont donné un semblant de vie familiale dans les grands centres urbains quand le chômage à frappé durement les hommes qui ont perdus leur emploi. Elle dominent totalement le secteur informel, par la vente des produits alimentaires sur le marché et des restaurants de proximité qui permettent aux plus démunis de manger à leur fin.
Ce sont ces femmes soutenues par des petites tontines et des organisations du micro crédit qui ont permis à la Côte d’Ivoire de ne pas s’effondrer, dans les heures les plus sombres de cette guerre sans fin qui dure depuis le 19 septembre 2002 jusqu’à ce jour. Ne pas le reconnaître serait injuste, voir même une ingratitude et une insulte à l’intelligence.
Nous sommes de ceux qui gardent dans le fond de leur âme une reconnaissance infinie envers la femme ivoirienne, dans le passé comme dans le présent, les ivoiriennes ont été de tous les combats patriotiques pour que la nation soit debout. Leur marche sur la prison civile de Grand-Bassam les 22,23 et 24 décembre 1949, est durablement figé dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Un esprits mesquins, avait dit que la marche des femmes sur Grand-Bassam était pour exiger la libération de leur époux. Il faut recentrer les faits pour dire que l’administration coloniale menée par le gouverneur Laurent Péchoux, cherchait depuis longtemps à en découdre avec le mouvement politique
Anti-colonialiste et nationaliste qu’était le PDCI-RDA. Les affrontements sanglants du dimanche 6 février 1949, étaient pour lui l’occasion rêvée.
Ce fut donc la vague d’arrestation dont le but était de décapiter le PDCI-RDA, dont huit des membres de sa direction étaient incarcérés à la prison civile de Grand-Bassam. C’est vrais que les épouses des prisonniers étaient parmi les marcheuses protestataires qui étaient selon l’administration coloniale près de 2000 femmes.
Elles ont bravés les obstacles des barrages routiers, parvenues à Grand-Bassam confrontés aux jets d’eau, au gaz lacrymogène sur le pont, aux coups de cross et de matraques de la gendarmerie coloniale.
C’est le lieu ici de demander à tous ces hommes qui font aujourd’hui la fine bouche pour jouer aux matamores, combien d’entre eux étaient capables à cette époque d’affronter les coups et les arrestation de la police coloniale du gouverneur Péchoux ? beaucoup d’entre eux se terraient comme des crabes et les grillons. Nous ne leur demandons pas aujourd’hui d’avoir honte, car il ne savent pas ce qu’est la honte, nous leur demandons simplement de se taire rien de plus.
Aussi étrange que cela puisse paraître, la marche des femmes ivoiriennes sur la prison de Grand-Bassam en 1949, est un cas d’école car elle ressemble trait pour trait, à la marche des femmes ghanéennes sur la maison d’arrêt de James Fort d’Accra le 22 janvier 1950, après l’arrestation de notre frère le leader du CPP, ( la convention people party ) le Dr Francis Koffi Kwamé Nkrumah.
Mieux encore c’est d’une femme ivoirienne Anne-Marie Raggi, qu’est venue l’idée de boycott des produits manufacturés qui avait été très suivi en Côte d’Ivoire du 15 décembre 1949 au 1er janvier 1950. nous voulons ici qu’on se rappelle de ces femmes qui ne militaient pas pour des postes politiques, elles avaient simplement soif d’une Côte d’Ivoire libre.
Marcelline Sibo, fut la première femme patriote arrêtée, à l’entrée du pont de la victoire à Grand-bassam, après l’exécution de la danse Adjanou. Pour ceux qui ne le savent pas, les femmes s’induisent le corps de kaolin et dansent l’adjanou toutes nues.
Demandez à Dominique de Villepin, ancien ministre des affaires étrangères françaises, il s’était retrouvé bloqué par les femmes patriotes de Geneviève Bro Grébé, pendant une heure de temps au sortie d’un entretien avec le président ivoirien, Laurent Gbagbo, en janvier 2003.
Il était choqué, hébété et éberlué d’être en face des femmes toutes nues au milieux d’un concert d’insultes, de malédictions et de crachats, contre la coalition mafieuse de la France avec la rébellion ivoirienne qui a ensanglanté la Côte d’Ivoire. On dit que l’adjanou porte malheur à celui contre qui cette danse est exécutée, la situation de Dominique de Vilain pain, comme l’appelle les patriotes ivoiriens n’est pas loin de là .
Nous voulons ici rappeler quelques noms de ces amazones ivoiriennes, pour donner un sens à l’histoire. Elles étaient menées, par Margueritte Sacoum, Marie Sery-Koré, Margueritte Williams, Anne-Marie Raggi, Kady Baourou, Diangolo Traoré, Marcelline Sibo, Antoinette Kouakou, Aminata Touré, Mariam Kamara et bien d’autres, qu’elles sachent depuis les profondeurs de la terre éburnéenne qui les conserves, qu’elles sont durablement dans la mémoire collective du peuple ivoirien.
Ironie de l’histoire c’est aussi dans la Côte d’Ivoire indépendante, qu’une femme, fervente nationaliste comme Anne-Marie Raggi, connaîtra la prison pour complot contre le régime de Félix Houphouët-Boigny. Son époux Louis Raggi, fût expulsé de Côte d’Ivoire et c’est dans le dénuement de la prison concentrationnaire de Yamoussoukro Assabou en 1965, qu’elle apprendra la nouvelle du décès de son époux. Comment de telles cruautés ont-elles été possible en terre d’éburnéenne ?
De la LOCI à l’ivoirité
Pour ceux qui ne le savent pas la LOCI créée en 1958, était la ligue des originaires de Côte d’Ivoire. Les fondateurs de la LOCI, Christian Grohuet et son ami Pépé Paul, estimaient que le PDCI-RDA, avait trahi les intérêts des ivoiriens sur le plan de l’emploi. À cette époque on retrouvait des Sénégalais, des Maliens et autres guinéens dans la fonction publique ivoirienne et surtout de nombreux Dahoméens et togolais.
L’article 2, des statuts de la LOCI, dit clairement que le but de la LOCI est : de lutter contre le chômage des originaires de la Côte d’Ivoire ; de développer l’esprit de solidarité et de fraternité entre les divers groupes ethniques du territoires ; de créer des cours de formation professionnelle pour les originaires de la Côte d’Ivoire.
Les dahoméens et les togolais de l’époque ont été victimes du ressentiment des ivoiriens qui se sentaient spoliés au plan de l’emploi par la présence massive des daho-togolais, qui créaient sur leur lieu de travail une discrimination à l’embauche des ivoiriens.
C’est ce sentiment qu’exploite la LOCI, dont les dirigeant sont arrêtés et emprisonnés, en représailles, les partisans de la LOCI, déclarent la chasse aux Daho-togolais. Des pogromes qui transformeront du 24 au 26 octobre 1958 le quartier populaire de Trechville en un champs de bataille. Qui fit de nombreux morts et des blessés.
Le nombre de victimes a été estimé à 20 000 personnes. Celles-ci ont été rassemblés au port d’Abidjan dans des conditions déplorables, avant d’être renvoyés dans leurs pays, abandonnant tout leurs biens. Pourquoi tant d’ivoiriens à l’époque avaient-ils soutenus les objectifs de la LOCI ? les ivoiriens sont-ils xénophobes, comme le disent leurs voisins d’aujourd’hui ?
Les ivoiriens étaient-ils en désaccord avec leur gouvernement sur la politique de l’emploi dans les secteurs publics et privés ?
Nous pensons que les différents gouvernements n’ont pas tiré les leçons des causes profondes de l’émergence de la LOCI, car ceux qui ont fondé l’ivoirité, avant de l’introduire en politique ont suivi le même chemin que la LOCI.
L’ivoirité, nous le répétons encore une fois, est un concept de redéfinition de la nationalité ivoirienne, sur des bases de relent nationaliste et d’exclusion de ceux qui ne sont pas des ivoiriens de souche. Comme la préférence nationale dans l’extrême droite française. C’est un concept débile qui a fait beaucoup de mal au corps social de la Côte d’Ivoire, il a été inventé et introduit en politique par les houphouëtistes, avec l’ancien président Henri Konan Bédié en tête.
Dans le but de barrer la route au Dr Allassane Dramane Ouattara. Le but de cette manœuvre sordide était de permettre à ces gens qui n’ont aucun sens de l’Etat, ces houphouëtistes du dimanche, dont la culture de gestion laisse à désirer d’asseoir un droit de propriété sur la Côte d’Ivoire.
C’est le germe de l’ivoirité qui a détruit le vivre ensemble et pousser les ivoiriens les uns contre les autres. Un pays ne peut pas renier une partie de sa population sans se renier lui-même. Toutes les tentatives pour aller dans le sens de l’ivoirité fragiliseront et exposeront le pays à des profonds bouleversements qui seront dommageables pour tous les ivoiriens.
Nationalisme et démocratie
Nous voulons faire ici une remarque qui vise à remettre en question cette idée reçue autour de la compatibilité entre nationalisme et démocratie. Les expériences africaines de la pratique du pouvoir politique, nous font observer que le président guinéen Sékou Touré, était un fervent nationaliste et pourtant la Guinée sous son règne n’a pas été un exemple de gouvernance démocratique.
Gamal Abdel Nasser, était un fervent nationaliste, il portait à lui tout seul le flambeau du nationalisme arabe, contre l’impérialisme occidental et le sionisme, et pourtant son régime fut une autocratie sans vergogne. Ainsi la plupart des nationalistes que nous connaissons s’affichent comme des démocrates conséquents, attachés à la paix et à la justice sociale. Nous ne cherchons pas ici à mettre en doute leur sincérité. Nous disons simplement qu’on ne peut pas être démocrate quand on cautionne la répression des désirs de justice d’un peuple.
Dans la réalité démocratie et nationalisme sont des mouvements d’idées parentes, qui développés depuis deux siècles, ont en commun une notion essentielle, celle de la souveraineté du peuple. Toutefois, si on va au-delà des apparences, et qu’on se donne la peine d’analyser les conséquences qu’elles ont eues, là où elles ont été mises en œuvres, on s’aperçoit sans l’ombre d’une ambiguïté que nationalisme et démocratie sont profondément antinomiques.
La démocratie est la forme de gouvernement la plus légitime, celle dont on se réclame actuellement presque partout en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, là ou elle est balbutiante ou pas encore mise en œuvre. Nous regrettons de le rappeler aux nostalgiques du parti unique, la démocratie se présente comme une méthode efficace de gestion pacifique des conflits puisque, là où elle est appliquée, la vie politique parait moins violente qu’ailleurs. Alors que le nationalisme produit des situations conflictuelles réfractaires aux procédures de décisions démocratiques.
Exemple si le Rwanda d’Habyarimana étaient démocratique, le génocide de 1996 aurait été impossible, car les Tutsis n’aurait pas été dans la situation révoltante d’apartheid qu’ils ont connus. L’image des ivoiriens pendant cette crise allant de pays en pays ( Togo, France, Ghana, Afrique du Sud et Burkina-Faso). pour quémander goulûment l’arbitrage des autres pour résoudre leurs problèmes de vie en commun, montre que les institutions de l’Etat ivoirien ont fait faillite et n’ont plus les anticorps nécessaires aux solutions démocratiques.
Le dernier exemple est la France, où beaucoup de Français, sont agacer par la politique de gesticulation du président Nicolas Sarkozy, qui est sans solution réelle aux difficultés des français, mais aucun d’eux ne juge nécessaire de recourir à une rébellion armée pour le chasser du pouvoir, comme ce que nous avons vu à Madagascar, au Libéria en Côte d’Ivoire ou en Sierra Leone. Cela nous fait dire que la démocratie, tout en ayant un lien historique avec le nationalisme, est à notre époque la cause la plus fréquente de conflits politiques violents.
Nous voulons préciser dans le droit fil de notre raisonnement, qu’il existe deux types de nationalisme, un nationalisme identitaire qui définit la nation à partir de l’origine, de la langue, de la religion et un nationalisme civique qui met l’accent sur la solidarité nationale incluant tous les citoyens d’un pays. ces deux types de nationalisme n’ont pas le même visage et font l’objet de débats passionnés au Québec, en Corse, au pays Basque Espagnol, en Irlande du Nord, en Ecosse ou en Belgique.
L’exemple classique que nous évoquons souvent pour une meilleure compréhension est l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne suit à la guerre franco-Allemande de 1870, le traité de Frankfort du 10 mai 1871, rattacha l’Alsace et la Lorraine au reste de l’Allemagne.
Cette période fut marqué par des vives polémiques entre Allemands et français. La position des allemands relevait du nationalisme identitaire : les alsaciens, parce la plupart d’entre eux parlent allemand, sont allemands, quelle que soient leurs préférences. La position des français était celle du nationalisme civique : les alsaciens, parce que la plupart d’entre eux préfèrent être français, sont des français quelle que soit leur langue.
Si on transpose ce débat en Côte d’Ivoire, les tenants de l’ivoirité sont proches du nationalisme identitaire qui prend en compte l’origine et la langue, tant disque la rébellion ivoirienne est plus proche du nationalisme civique, qui prend en compte le droit du sol et le vivre ensemble.
Certains ivoiriens se posent aujourd’hui ouvertement la question de savoir si le président Houphouët-Boigny aimait vraiment la Côte d’Ivoire ? Pourquoi le PDCI-RDA, qui était un parti anticolonialiste, a-t-il renoncé dès 1950 jusqu’à nos jours à la ligne nationaliste de son engagement en faveur des masses ivoiriennes ?
Pourquoi Abidjan est aujourd’hui encore l’une des villes Africaines où on trouve : un Pont au nom du Général de Gaulle, un boulevard Valery Giscard Estaing, un Boulevard François Mitterrand, un Boulevard Gouverneur Louis Angoulvant, un Boulevard, Gouverneur André Latrille, un Stade Robert Champroux. Bref on a l’impression qu’Houphouët, à plus chercher à plaire à la France qu’à défendre l’indépendance de son pays ?
Pourquoi des criminels comme Angoulvant ont-ils des boulevards portant leur nom à Abidjan ? Pourquoi Les hommes et les femmes patriotes et nationalistes ivoiriens, qui ont fait la prison au nom de leur convictions démocratiques, n’ont-ils pas une seule place à leur nom ? C’est justement cette énigme que les frontistes et les Gbagboïstes du FPI, veulent résoudre à travers la rupture de leur programme de refondation. Il faut qu’ils se posent tous la question de savoir, comment refonder un pays divisé et fracassé comme un vase en plusieurs morceaux ?
Le RDR de son côté veut reconstruire une Côte d’Ivoire républicaine, dans une sorte de revanche du nord sur le sud. Il faut avec eux se poser la question de savoir : comment reconstruire une maison commune sans se mettre d’accord sur la vie commune à mener dans cette maison ? ne pas rechercher des réponses à toutes ces interrogations, c’est se lancer dans une guerre sans savoir comment la terminer ou faire le pari du plus lamentable des fiascos.
Conclusion générale
Dans notre voyage et notre exploration de la problématique du patriotisme et de sa corrélation avec le nationalisme dans le contexte de la Côte d’ivoire contemporaine, deux paradigmes se sont affrontés, l’indépendance de la nation ivoirienne et le patriotisme qui chemin faisant s’est drapé dans le manteau du nationalisme identitaire.
Nous voulons dire aux uns et aux autres, que dans cette période de l’histoire ivoirienne, il y a un fait connu depuis longtemps : il existe dans cette Côte d’Ivoire quelque chose de supérieur à la tribu, à la région, à la religion, à l’ethnie ou même à la géographie. C’est la volonté de vouloir vivre ensemble, c’est en cela qu’Ernest Renan disait que << la nation est un plébiscite de tous les jours >>.
Au fond le plus important pour les ivoiriens, c’est la nature du ciment qui soude la collectivité nationale. Car la société ivoirienne d’aujourd’hui est la résultante d’une hybridation de populations favorisées par les aléas de l’histoire ( une longue histoire de sédimentation, de turbulence, de combats communs contre l’ordre colonial, de cohabitation et d’espérances communes).
Le problème majeur de ce pays aujourd’hui est de faire face à l’intégration de ses citoyens. Donner une place digne à chaque membre de la société. L’histoire de la socialisation de l’individu en Côte d’Ivoire a permis d’intérioriser les appartenance ethniques et tribales et non une citoyenneté civique.
Cela doit nous amener vers la consolidation d’une société civile indispensable pour saisir les enjeux de la consolidation de la démocratie chez nous. Cette démarche impose aux ivoiriens un triple défi.
1) - le défi de l’intégration social qui ne peu être fondée que sur les principes de réflexion critique, de résolution discursive des conflits provoqués par l’exigence d’égalité, d’autonomie, de participation et de justice sociale.
2) Le défi de redynamiser la société civile en favorisant l’éclosion de mouvements sociaux axés sur l’élargissement des droits, avec pour corollaire l’autonomie de la société civile coiffée d’une démocratisation croissante.
3) Le troisième défi concerne davantage l’imaginaire collectif des ivoiriens. Nous ne croyons pas qu’il faille choisir, comme le proposait récemment un leaders politique ivoirien, entre la démocratie participative et la démocratie représentative. Les mouvements sociaux doivent cohabiter avec un système de partis concurrentiels qui sont comme le bâti démocratique encadrant l’évolution continue des rapports sociaux.
C’est sur ce terrain de la société civile que les ivoiriens apprendront à élaborer des compromis, à prendre un recul réflexif sur leur propre perspective, recul nécessaire à son élargissement, ; qu’ils apprendront à valoriser non la pensée unique mais la pensée convergente ; à reconnaître et à recréer ce qu’ils ont en commun.
C’est dans cette voie qu’il feront le ménage dans la maison commune, pour que naisse chez eux aussi ce patriotisme et ce nationalisme civique, qu’évoquait Daniel Ouezzin Coulibaly, le lion du RDA, dans sa lettre aux prisonniers du RDA détenus à la prison civile de Grand-Bassam : << Je suis malheureux à l’idée de ne pouvoir compter dans cette troupe de choc ! Je vous remercie d’avoir régénéré en moi un espoir mourant.
Vous et nous saurons tout donner pour l’indépendance.
Sachez qu’un militant n’a rien donné s’il n’a donné de sa personne.
Vous ne serez jamais oubliés, heureuses victimes, héros des temps nouveaux. Votre exemple servira à la postérité, certainement plus avide de liberté.>>
Pour les ivoiriens, il existe des liens profonds entre le développement de leur vie nationale et le patriotisme qui les a conduit à affronter les mains nues les chars de l’armée française le 6,7,8 et 9 novembre 2004. ce patriotisme à féconder un nationalisme identitaire dangereux pour le vivre ensemble.
Nous avons essayé modestement de l’observer depuis sa source jusqu’à ces manifestations récentes, merci de votre aimable attention.
Dr Serge-Nicolas NZI
Chercheur en communication
Lugano ( SUISSE )
Tel. 004179.246.53.53
E- Mail : nzinicolas@yahoo.fr

Tu fous quoi en Suisse pourquoi ne viendrais tu pas t’installer Ă Mama et militer. Ou bien meme dans les dĂ©chets qui envahissent la Cote D’ivoire pour la gloire du grand timonier Koudou.
A quoi ça a servi ces revolutions à la con de merde dont tu cites dans ton papier?
Ta rĂ©volution c’est de bruler des commerces,d’importer des dĂ©chets toxiques, d’organiser l’exclusion, les escadrons de la mort.
Ou est la Russie et autres révolution de merdes?
Comment by Gaba — 06/02/2010 @ 17:05
grand chercheur en communication il conviendrai de prĂ©ciser qu avant d’ĂŞtre vaincu la france s’est très bien battue puisque il y a eu 230.000 morts cotĂ© français et 180.000 morts cotĂ© allemant et cela en 15 jours de combats et elle n’a jamais Ă©tĂ© a plat ventre devant l’Allemagne
Comment by yannick le breton — 06/02/2010 @ 19:12
Si la France était une nation aussi courageuse, pourquoi elle a eu recours aux africains et aux alliés?
monsieur je sais tout.
Quand le gouvernement français signe l’armistice ce n’est pas dans la joie ou la tĂŞte haute, c’est Ă plat ventre, se roulant dans le sable de la dĂ©faite comme un chien devant son maĂ®tre.
nous ne croyons pas que l’Etat français est fière de cette partie de sa propre histoire au cour de laquelle il a eu recour aux africains pour l’aider Ă se relever, pour ensuite les renier.
il est possible que vous ĂŞtes amnĂ©sique, je suis de ceux qui monteront au crĂ©neaux pour vous rafaichir la mĂ©moire de l’ingratitude, qui semble si bien vous convenir.
le fils d’un soldat africain de la IIèm guerre mondiale qui Ă©tait une guerre de blancs civilisĂ©s
Daniel Arounan Koulibaly
Turin
Italia
Comment by Daniel Arunan Koulibaly — 06/02/2010 @ 20:40
Cher frère NZI
Gaba, n’est pas intelligent, depuis sa naissance jusqu’Ă ce jour il n’ a jamais produit une rĂ©flexion sur un problème de sociĂ©tĂ©, il veut te contredire, mais il ne sais pas s’y prendre.
pour lui c’est ĂŞtre Ă Mama, Ă Korogho ou Ă BouakĂ© qui importe, pour lui les problèmes de la CĂ´te d’ivoire doivent ĂŞtre des problèmes de partis politiques.nous t’encourageons dans ton travail et saluons la qualitĂ© de tes publications.
Gaba se cache dans l’anonymat, il faut le laissĂ© ou il est
Kra GOLY
instituteur
Sakassou
CĂ´te d’Ivoire
Comment by Kra GOLY — 07/02/2010 @ 07:27
coulibaly de turin , pourquoi es tu si virulent je n’es fais que rapportĂ©’une prĂ©cision s’est tout .la bataille a eu lieu au tout dĂ©but de la guerre 1940 , donc les amĂ©ricains n’Ă©taient pas lĂ . tu peus me croire que j’ai un immence respect pour tous les soldats Africains qui ont combatu et donner leur vies pour nous . je m’incline et salut le courage de ton papa soit fière de lui mais je ne pense pas qu’il approuverait ton instint bĂ©lliqueu et va-t-en guerre .tous les gens qui ont connu et fait la guerre aspirent a la paix . mais soit sur d’une chose que si tu viens en paix je t’ouvrirai les bras , si tu viens avec la mitaille tu recevras de la mitraille . attention l’Itatie s’est l’ europe et ils sont racistes .tu as eu des mots violent je fais de mĂŞme .je trouve dommage qu’il en soit ainsi
PS: j’espère que tu n’es pas croyant
Comment by yannick le breton — 07/02/2010 @ 22:54
Monsieur , Kra Coly j’ai eu le bonheur de passer Ă Sakassou au mois de novembre dernier et j’Ă©tais Ă la paroisse chez les pères ainsi que religieuses . une sincère salutation
Comment by yannick le breton — 07/02/2010 @ 23:03
Chers amis
j’appelle Ă la sagesse de tous, car une des causes de notre retard est qu’en Afrique on transforme toujours les dĂ©bats d’idĂ©es en querelle de personne.
le frère NZI que je ne connais pas, Ă prĂ©sentĂ© un travail de fond, son texte est certe long, mais tous ceux qui n’ont pas la paresse intellectuelle savent qu’il apprennent Ă©normement Ă la lecture du document.
il y a des questions qui ont été soulevées qui méritent un débat sérieux, est ce que les ivoiriens et en premier lieu leurs autorités ont tirés les leçons des affrontement entre ivoiriens, Dahoméens et togolais de 1958?
ceux qui ont introduit l’ivoiritĂ© en politique ont-ils bien rĂ©flĂ©chit sur le dĂ©sastre d’une tel aventure? les patriotes abidjanais veulent s’approprier la nation, ont-il un tel droit?
sur ces questions de fond, aucun des intervenants n’est capables d’une sĂ©rieuse interpellation de notre conscience collective, on descend dans la vĂ©hemence, dans les insultes habituelles et des dĂ©tails de forme.
je pense que le frère NZI a eu le courage de poser les vrais problèmes, je ne suis pas d’accord sur tout ce qu’il a exposer mais il a eu le mĂ©rite d’aborder un sujet dĂ©licat avec un minimum de rigueur.
maintenant balle Ă terre. quels sont les avantages et les inconvenients du patriotisme et du nationalisme dans la nouvelle CĂ´te d’ivoire que nous voulons tous reconstruire?
il faut quitter le sur place pour voir loins
merci Ă tous
SAVANE Kramo
commerçant à Odiénné
Dans Nord Ouest de la CĂ´te d’Ivoire
Comment by Kramo SavanĂ© — 08/02/2010 @ 20:40
Mon cher frere Nicholas Nzi, Laurent-Gbagbo a dit beaucoup de choses qu’il n’arrive a realiser avant de venir MIRACULEUSEMENT au pouvoir.
tous ceux qui condamnent la France depuis la crise de notre pays, je pense qu’ils ne connaissent pas assez l’ordre economique mondiale. Je suis d’accord pour une soi-disant revolution, mais elle ne doit pas se faire d’une maniere BRUTALE et SAUVAGE comme on le voit chez nous.
Signez des accords de cooperation avec de nouveaux pays comme les USA,la Chine, l’Inde,l’Ukraine(pour les armes),l’Angola, la Lybie,la Coree… ne font que rendre la sitution de notre pays PIRE qu’avant; tout simplement par ce que ces pays nous exploitent et nous traitent comme des “exclaves”.
Il y a combien d’ivoiriens hommes d’affaires ou de societes ivoiriennes dans ces pays ?
Mais Regardez le contraire.
En general, notre pays ne coopere qu’avec des pays ou il y a des DICTATEURS comme la Lybie,l’Angola,l’Iran,la Chine etc etc…
D’autres pays, pour se moquer de nous,ils nous envoient du riz pas de bonne qualite comme l’Inde…
Comment by srika blah — 08/02/2010 @ 21:16